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Chronique musicale – Selug

Selug – Bio

Selug, c’est un jeune rappeur de 18-19 ans, qui fait partie de toute cette nouvelle génération de rappeurs qui se mettent en place depuis 4 ans. Il sort son premier EP début 2022, “Honnêtement”, qui pose les bases de sa musique : un personnage triste, torturé, qui trouve refuge dans la drogue.

Discographie

Fin 2022, Il sort “Eternel Retour”, 8 titres qui sont reconnus par la presse spécialisée. Il a même un titre en featuring avec Luther, un rappeur sensiblement similaire à lui. Le titre s’apelle Léon, la prod sample la bande-originale du Ghibli “Nausicäa de la vallée du Vent”, c’est l’occasion pour Selug de rapeller son rapport avec la pop-culture, en calant deux-trois références à des jeux vidéos également.

En juin 2023, il sort “Le Jour se lève”, un projet de 4 titres où il trouve selon moi la formule gagnante de son art. Des morceaux mélancoliques, planants, avec une utilisation de l’autotune qui le rend presque bionique, pour citer Laylow, c’est ce qui définit le Selug de 2023.

Maintenant, c’est loin d’être sa seule définition. Dans “le jour se lève”, dernier single du même EP, Selug adopte un flow très planant, pendant les 3 quarts du morceau, pour laisser la place à la prod de s’intensifier vers la fin, laissant l’impression que le rappeur “gravit” littéralement le son, toute la nuit, jusqu’à ce que le soleil se lève.

L’extrait que vous avez entendu juste avant, c’était le deuxième couplet du single “Sheikah”, sorti il y a 2 mois sur la chaîne Youtube du Règlement. J’ai honnêtement pris une claque sur ce morceau, il est en repeat dans ma playlist depuis sa sortie.

J’ai choisi cet extrait car il représente parfaitement ce dont j’ai parlé depuis le début de ma chronique. C’est également un bon morceau pour vous parler de Senar, son duo de toujours. Senar est un beatmaker, qui travaille en collaboration avec Selug sur tous ses morceaux.

On le reconnaît très facilement à ses prods planantes, aux sonorités électroniques, et à un beau piano sur certains morceaux, dont Sheikah.

Pour finir sur sa discographie, Selug a sorti la semaine dernière son plus long projet, un 12 titres intitulé “Le Monde qui me tombe sur la tête”.

Selug et la santé mentale

Dans celui-ci, Selug parle de sujets qui le touchent profondément, avec son habituelle plume honnête et sans fioritures. Tout au long de l’EP, on apprend qu’il est en dépression, on apprend qu’il a trouvé quelqu’un qui l’a beaucoup aidé, on apprend pour ses tentatives de suicides..

Sa musique est très entraînante, et cet EP a marqué un virage dans la manière que j’avais de l’écouter. Son autotune rend ses paroles difficiles à comprendre si on n’est pas concentrés, jusque là j’avais juste compris que son père était parti et qu’il n’aimait pas vraiment vivre.

J’ai compris avec ce projet la profondeur de ses pensées sur la santé mentale, sur sa propre santé mentale. Dans le titre “dis-moi”, on peut l’entendre répéter “Steuplait dis-moi, à quoi ressemble demain. Sur le chemin y’a toutes ces lumières, ca crée l’ombre qui émane de moi”. La dépression peut être source de beaucoup de réflexions, de blocages, et celui qui concerne Selug, c’est la peur de grandir, d’évoluer, il refuse de penser au futur et ce, même s’il sait qu’il peut le faire.

J’ai toujours trouvé ses paroles assez simples, mais je me suis bien trompé, je trouve élégant la manière qu’il a d’exprimer ses pensées suicidaires l’intro de l’EP “J’me surprends à faire presque un voeu, cette vie est-ce qu’un jeu ? Est-ce que quitter la partie c’est en relancer une ?”

Pour son âge, c’est très fort d’avoir une telle réflexion sur soi-même, d’arriver à mettre des mots sur des sentiments enfouis aussi profondément en lui.

Merci de m’avoir lu/écouté, je vous propose d’écouter la belle déclaration d’amour qu’il fait à sa compagne et à la vie, dans “Ma main dans la tienne”

-Elian

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