
Depuis l’Antiquité, chaque étape du développement technologique a suscité des résistances. Au début de l’ère industrielle, quand les machines prennent le pouvoir en privant les artisans d’ouvrage, la destruction des métiers textiles devient une pratique fréquente. Mais ces oppositions sont bientôt rejetées comme rétrogrades par le discours conquérant du progrès, alors qu’elles révèlent un univers fécond. L’économie toute-puissante finit par imposer dans le sang le règne de l’efficacité. Le pouvoir des machines triomphe contre celui des hommes, leur expansion provoque de multiples résistances au sein de groupes sociaux et de courants intellectuels divers. Aujourd’hui, où certains annoncent la «convergence» des technologies, cette résistance prend des formes nouvelles. Analyse les mouvements de résistances au sein de groupes sociaux et de courants intellectuels face à l’industrialisation de la production qui a imposé au XIXe siècle l’impératif d’efficacité et le pouvoir des machines sur les hommes, et démontre qu’à chaque étape de son développement, le progrès technique a suscité des oppositions physiques ou verbales.
