Épisode 6: Déchets et Affaires

Enquête Alain Dejardin, Eric Labaj, réalisation Hervé Nicole
Sixième émission qui aborde notamment des cas de contaminations avérées, ignorées ou masquées par les autorités. Ces cas concernent des produits dits faiblement radioactifs.

Contenu
– Les pollutions
« Plus on se rapproche de la méditerranée, plus la radioactivité est importante » d’après ce que dit un responsable de la CRIRAD. Les installations tout au long du Rhône et notamment à Marcoule pour des activités civiles et militaires ont une incidence radiologique indubitable sur ce Rhône.
La pollution mesurée au niveau locale est doublée par une autre plus générale liée à la production de déchets nucléaires avec une durée de vie très longue. La capacité de réutiliser une partie de ces déchets pour faire tourner une centrale telle que Superphénix dans une exploitation industrielle, n’est à ce jour pas démontrée.
Parmi les nombreux déchets des réacteurs, la CRIRAD met l’accent sur « les produits faiblement radioactifs ». Pour ce qui concerne le « recyclage » de ces déchets, un rapport, rapport « Desgroppe » a tenté de définir un seuil d’exemption qui permettrait d’ignorer la radioactivité présente dans ces déchets faiblement radioactifs. Cela concernerait les industries de récupération des métaux et de productions de gravats pour les autoroutes, notamment.
– Les affaires
Par exemple à Poussin (Drome) une aciérie transformerait de la ferraille radioactive en lingots métalliques réutilisables pour d’autres applications industrielles. Au sein d’une zone industrielle où une entreprise de décontamination RADIACONTROL, est installée (Pierrelatte), la CRIRAD a mesuré un rayonnement de radium 226, à 10 000 Bq/kg de terre. Des faux certificats de décontaminations auraient été émis par cette entreprise. Ces faux auraient permis la fabrication de pièces d’avions, réacteurs de Mirage F1 dont on a pu mesurer au niveau du carter un rayonnement au Thorium. Les différents intervenants n’ont jamais été informés de la spécificité des matériaux utilisés ou usinés.
D’autres affaires concerneraient le Polygone scientifique de Grenoble et des rejets de liquides radioactifs dans le Drac et L’isère, ainsi que des rejets gazeux dans l’atmosphère. Pour le CENG et l’ILL, les installations du site fonctionneraient en « toute illégalité », des installations militaires secrètes fonctionneraient sous couvert de « confidentiel-défense » ; affaires qui renvoient à l’opacité de l’information civile et militaire.
La CRIRAD remet en cause la sincérité des mesures effectuées par le SCPRI (dit dans l’entretien, Service central de proctection des radioéléments industriels).
Et de conclure, sur le fait que les normes auxquelles on se réfère sont des normes d’acceptabilité du risque et non d’innocuité. Elles expriment le fait que tant de cancers, tant de leucémies sont ou seraient acceptables compte tenu de l’avantage que générerait les usages indirectes de la radioactivité.

Intervenants
Jacques redout, membre du CA de la CRIRAD
M. Lacroix, directeur de la Centrale Sperphénix à Creys-Malville
M. Finon, directeur de l’iEPE, UPMF Grenoble2
Raymond Avriller, groupe « Écologie, Alternative, Autogestion » Élu de la ville de Grenoble.

Musiques
8’20 , l’ambulance, (ne va pas tarder, elle vient me chercher)
23’39 Alain Bashung, Ma petite entreprise, (…ne connais pas la crise,..,épanouie elle exhibe des trésors satinés, dorés à souhait …)
32’25 Bireli Lagrène, Nuages