Épisode 5: Pollution et unité de mesure

Enquête Alain Doucé, Eric Labaj, réalisation Hervé Nicole

Cinquième émission qui porte sur les rejets de la centrale Superphénix et qui sert d’initiation aux unités de mesure de la radioactivité.

Contenu :

– Superphénix une centrale écolo ?
D’après le responsable EDF, la centrale Superphénix à Creys-Malville est une « centrale écolo ». Sa technologie basée sur « un réacteur à neutrons rapides » permet un fonctionnement avec une température de réacteur plus élevé. L’impact thermique de la centrale sur son environnement est réduit de 30 % par rapport aux installations classiques. Il n’existe pas d’émission d’efflux liquides ou gazeux, ni non plus de rayonnement. De plus la technologie utilise les déchets de plutonium et d’uranium des autres centrales.
Pour M. Avriller, élu de Grenoble, la centrale ne pollue pas ou peu car elle n’a jamais marché (ou très peu). Il s’agirait d’une « supercherie de la part de nucléocrates ». Il a forcé la NERSA (organe d’administration de la centrale) à effectuer des mesures dans le Rhône, ce qui n’avait pas été fait. Des traces de plutonium ont été décelées en amont de la centrale. La pollution proviendrait donc d’ailleurs, mais existerait donc.
Pour EDF, les mesures démontrent que la trace de Superphénix sur son environnement, en marche (en charge) ou à l’arrêt (au ralenti) est identique et négligeable. La discussion va porter alors sur la pollution avant et après, depuis La Hague où sont traités les combustibles qui reviennent à Creys-Malville. On peut aussi remonter la chaîne des pollutions nucléaires jusqu’à l’extraction de l’uranium. Le cas de l’exploitation d’une mine par la COGEMA dans une réserve indienne au Canada est évoqué. De nombreux cas de leucémies sont rapportés en rapport avec cette activité qui dissémine des métaux lourds dans l’environnement. Confronté à cette problématique de la gestion des déchets, des combustibles irradiés, EDF défend un choix stratégique de construction d’un cycle nucléaire complètement maîtrisé, basé sur les préconisations réglementaires du « rapport Bataille ».

– Les unités de mesure
Le Becquerel Bq a succédé au Curie (Ci). Il mesure la radioactivité d’un matériau, c’est à dire son rayonnement, ou le nombre de désintégrations par seconde.
Le rem, ou le Sievert Sv mesure la toxicité pour les organismes vivants. Ce sont des unités de radioprotection. Le Bq mesure la radioactivité, le Sv la quantité absorbée par le corps. La radioactivité est toujours dangereuse. Elle détruit toujours le vivant. Des normes d’admissibilité par le corps humains sont établies par les scientifiques, elles ont varié au cours du temps. La « quantité de radioactivité absorbée par le corps » varie selon chaque radioélément, et aussi selon le type de contact ( avalé, inhalé, contact sur la peau…). Il existe pour chaque élément des tableaux et des normes très précises. La mesure d’un taux global de radioactivité n’a pas beaucoup de sens en radioprotection. Il est indispensable de connaître le taux de radioactivité de chaque radioélément. Certains ne sont pas absorbés même si la concentration est importante, d’autre sont absorbés et dangereux à très faible concentration.

Intervenants
Jacques redout, membre du CA de la CRIRAD
M. Lacroix, directeur de la Centrale Sperphénix à Creys-Malville
M. Finon, directeur de l’iEPE, UPMF Grenoble2
M. Devoivre, directeur de la communication d’EDF Rhône-Alpes
Pr Vroussos chef du service radiothérapie de l’hôpital de Grenoble

Sources
Revue Silence, Hors série n°5, Radioactivité, les faibles doses & Du risque majeur à la société autoritaire, l’homme en danger de science ?
Revue nitassinan n°35 (sur exploitation COGEMA dans les réserves indiennes)

Musiques
11’10 Richard Gotainer, Le moustique. (« ou bien je l’occis ou bien c’est lui qui pique… »)
24’50 Jacques Dutronc, on nous cache tout on nous dit rien, (la vérité sur l’obélisque, a-t-il était déclaré au fisc?)