Épisode 2: Superphénix pour quoi faire?

Enquête Alain Doucé, Eric Labaj, réalisation Hervé Nicole
Deuxième émission consacré au principe technologique et réglementaire de Superphénix.

Contenu
– le principe : incinérer des déchets nucléaires.
Les surgénérateurs classiques produisent plus de plutonium qu’ils n’en consomment. Il en résulte des stocks de plutonium dont on ne sait que faire. L’idée serait que Superphénix se comporte comme un « incinérateur » de plutonium. L’idée séduit mais est très complexe à mettre en œuvre.
– Un réacteur d’expérimentation
Superphénix n’est pas conçue pour produire de l’électricité mais pour acquérir des connaissances sur le réacteur et le combustible en phase « incinérateur ». Superphénix agirait comme une procédure de validation industrielle et scientifique de cette technologie nouvelle.
– L’aspect réglementaire : pourquoi le redémarrage en 1994 n’est pas gagné ?
Le prototype expérimental à grande échelle est soumis à la législation concernant les autorisations d’exploitation. La mise en service suit deux phases distinctes : l’une classique de surgénération qui nécessite une autorisation, puis plusieurs années plus tard, une seconde avec installation d’un nouveau cœur, la phase de « sous-génération » qui nécessite à son tour une autre autorisation. En 1994, tous les travaux nécessaires au redémarrage n’ont pas encore été réalisée. La procédure de double autorisation (elle aussi « expérimentale ») pour la phase surgénération puis sous-génération n’est pas encore au point.

Les critiques
Au vue des quantités de plutonium produites par le parc nucléaire français les performances envisagées de Superphénix pour brûler ce plutonium et incinérer des actinides mineures (autres déchets nucléaires) sont extrêmement limitées. De plus les technologies envisagées testées à une plus petite échelle dans le projet Phénix (à Marcoule) n’ont pas abouti à des résultats satisfaisants, ni en terme de fiabilité, ni en terme de sûreté. La terminologie « incinération » ne correspond pas à la réalité physique. Le principe poursuivi serait de réduire la durée de vie (radioactivité) du plutonium d’une période de 25 000 années à 5 000. Mais l’opération conduirait aussi à augmenter la toxicité du plutonium.
Il n’y a pas de réponse à la question initiale de l’émission : pour quoi faire ?

Internenants
M. Finon, directeur de l’IEPE, UPMF Grenoble 2
M. Lacroix, directeur de Superphénix, Creys-Malville
Jacques Redout, membre du CA de la CRIRAD
Pierre-Franck Chevet, directeur adjoint de la DSIN
Raymond Avriller, Elu « Ecologie, Alternative, Autogestion » de la ville de Grenoble

Source/Biblio
Rapport Birot, en 2 tomes sur le contrôle et la sûreté des Installations nucléaires.
Revue Silence, avril 1994, n°176
Revue Silence, Hors série n°5, Radioactivité, les faibles doses & Du risque majeur à la société autoritaire, l’homme en danger de science ?
Le monde diplomatique, manière de voir, n°15, mai 1992
Marie Davis, Guide de l’industrie nucléaire française, Harmattan, 1988
Revue de Greenpeace, hiver 1992-1993, Plutonium connexion.

Musiques :
7’27 stéphane Grappelli, Minor swing
23’ Musique africaine
33’50 Arthur H, Eléonore et Léonard « …après une chanson d’amour, elle lui a planté un couteau dans le dos…)