les tit nassels "même pas mal"

vendredi 15 octobre 2010 par Radio-Grésivaudan

Le duo le plus rafraichissant de la chanson française revient avec un nouvel album studio : " même pas mal". Un an pares la sortie de leur best off "pêle-mêle" qui retraçait 10 ans de carrière, les tit’nassels sont de retour ! Duo Atypique maniant habillement l’art de l’écriture, ils vous invitent dans leur univers aux allures de brocantes.

Les tit’Nassels : " même pas mal" label rock ouvert indépendant (chanson)

Originaire de Roanne, ce groupe commence à prendre forme en 1998. Les Tit’ Nassels enchaînent les concerts avant de sortir leur 1er album en 2000. Ce duo est construit sur une base guitare et voix. Le point de départ est un plaisir commun à chanter des chansons populaires françaises (Brel, Barbara) ou d’autres (les Beatles, Mano Solo). Il est composé de Sophie et Axel. Le duo alterne les chansons populaires et les chansons à textes. Il enrichit cette petite formation par des sons placés en direct. La musique est ainsi très variée et d’une couleur "bon enfant". Piano, chant, accordéon, mélodica, métallophone, wood-block, kazoo, percussions ou babioles... viennent ponctuer adroitement la ligne de texte.

On notera le diptyque qui embrasse la croustillante collection : en ouverture, Sur le pont de l’existence, sous son intitulé métaphysique, abrite sa course effrénée mue par des "désirs en cascade" et frustrée de larmes stalactites, "les nerfs à fleur de mots" dans la compréhension du fait que "la vie n’est qu’un tout petit second rôle", sur le flot du riff-refrain naïf de la guitare et de l’entrelacement symbiotique des voix masculine et féminine - Sophie se faisant ici muse, là frôleuse et susurrante. En clôture, Que je ne regrette rien s’élance comme une berceuse sulfureuse ("addict à tous les vices") avant de devenir un authentique élan vital hédoniste.En matière de diptyque, difficile de ne pas savourer, dans le corps de l’album, celui formé par les pistes 4 et 5. Rupture meurtrière agacée de "deux trois conneries qui traînent" (les albums de James Blunt, Obispo et autres compil’ de Sardou de madame...), le single-titre Même pas mal laisse place au très gouailleur J’ai merdé : un délice de mauvaise foi masculine qui, comme d’autres moments des Tit’ Nassels, les rapprochent forcément des espiègles et croquignolets Wriggles, avec lesquels ils partagent quelques sentiers musicaux fameux (dominance de la guitare sèche, pompe, ligne mélodique, entremêlement et dialogue des voix, mélange des genres, dimension théâtrale, etc.). En l’occurrence, J’ai merdé rappelle, sur le fond, le délirant Car l’amour de l’album Moi d’abord. Entre fausse candeur (Au royaume des gallinacés, Même pas mal) et vrai jargon d’adultes (J’ai merdé, Je prends du bide, savoureuse crise de la trentaine qui prend littéralement "des proportions énormes"), les titres parlent parfois d’eux-mêmes et les Tit’Nassels, avec force jeux verbaux, vocaux et allitérations, marient en grand, dans la profusion sonore, humour et humeurs. Bouche cousue, esthétique exercice de style généreux, suggestif et charnel sur les mots, en est un parfait exemple. On se délectera particulièrement du voyage Au royaume des gallinacés, conte à double entrée pour adultes, très contemporain et au vitriol, narré avec Alice et Fred (Les Ogres de Barback) et où "les poules s’habillent en Prada".