mercredi 13 janvier 2010 par Radio-Grésivaudan
Dave Douglas
Spirit Moves (Greenleaf Music)
Le dernier album du quintette Brass Ecstasy (Dave Douglas à la trompette, Vincent Chancey au cor d’harmonie, Luis Bonilla au trombone, Marcus Rojas au tuba, et Basheet Waits à la batterie) donne un sacré coup de fouet au mélomane. Comme beaucoup d’albums de l’artiste, « Spirit Moves » comprend des titres de sa confection et des reprises de chansons populaires arrangées à sa façon (morceaux d’Otis Redding, Hank William, et de Rufus Wainwright). Le résultat est sacrément entraînant ; un pur moment de swing, exécuté de main de maître.
Nellie McKay
Normal as Blueberry Pie / Verve
La spécialiste du petit commentaire assassin (voir son premier album, « Get Away From Me ») revient avec un album-hommage entièrement consacré à Doris Day. Disons-le tout net : c’est un petit bijou. Non contente d’avoir fait l’ensemble des arrangements et de jouer la plupart des instruments, l’artiste se paye le luxe d’interpréter les morceaux - d’une voix à la pureté de ton et à la sensualité proprement époustouflantes.
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Elisabeth Kontomanou
Siren Song
Après avoir connu les hauts et les bas de la profession, Elisabeth Kontomanou commence à récolter certains lauriers. Le CD est arrivé un peu tard pour installer cette nouveauté dans nos listes prioritaires de la période du temps des fêtes, il est toujours temps de se rattraper. Avec le temps comme chantait si bien Léo Ferré, Elisabeth semble avoir mis de côté les effets de style et autres lourds arpèges pour un jazz somptueux aux arrangements finement travaillés. Soutenue par l’Orchestre National de Metz et son quartette, la chanteuse évoque certains grands noms : Come Sunday - Mahalia Jackson, At Last - Etta James, I Put A Spell on You - Nina Simone, A Flower Is A Lonesome Thing - Billy Strayhorn, sans toutefois se complaire dans la reprise. Un grain torride, des accentuations qui laissent bouche bée et ne l’oublions pas, un orchestre symphonique à la hauteur. Une année 2010 qui débute sur une très belle note
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The Bad Plus
For All I Care Heads Up
Ethan Iverson (pianiste - d’exception !), Reid Anderson (bassiste), et David King (batteur) n’ont pas froid aux yeux : non contents de reprendre Kurt Cobain.
Une chanteuse fait son apparition sur certains morceaux : Wendy Lewis, figure incontournable de la scène indie-rock de Minneapolis. Son style rappelle un peu celui de Nico - en plus spirituel.
Un album réjouissant et saisissant - en un mot, plein de surprises.
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Jim Hall & Bill Frisell
Hemispheres ArtistShare
Deux guitaristes improvisateurs d’exception, issus de deux générations différentes, sont réunis sur ce double CD rempli d’inventions, de standards, de blues apaisants, et d’odes émouvantes.
Le premier disque est entièrement composé de duos ; sur le second, Joey Baron (batterie) et Scott Colley (basse) rejoignent les deux guitaristes. Deux séances explosives, véritable concentrés d’enthousiasme, de créativité et de respect. (Disponible sur ArtistShare.com)
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Min Rager
First Steps
Décidément, la cuvée montréalaise est des plus impressionnantes. Après un premier disque qui avait laissé votre signataire sur sa faim, la jeune pianiste et compositrice montréalaise Min Rager récidive…avec brio. Beaucoup moins académique et forcément plus mature, First Steps est à marquer d’une pierre blanche. Avec huit musiciens, dont son mari Josh Rager (piano), Kevin Dean (trompette), Donny Kennedy (saxophone alto), elle nous sert un discours passionné : Nothing To Gain, Nothing To Lose, Persistence of Memory, Song Of Love où règne l’esprit d’équipe, de subtiles inventions harmoniques et un jeu pianistique cohérent. Un talent qu’il faut absolument faire partager
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Keith Jarrett
Paris/London Testament ECM
Jarrett a enregistré bon nombre de concerts en solo depuis ses débuts, mais ces deux prestations (qui s’étalent sur trois CD) sont les plus intenses, les plus virtuoses et les plus bouleversantes qu’il nous ait été données d’entendre - ce qui n’est pas peu dire. Il tisse une mélodie au rythme discordant, faite de grappes de notes très serrées ; on dirait du Debussy (dernière manière) mâtiné de swing (ou - pour faire plus simple - du Cecil Taylor)
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Steve Kuhn Trio w/ Joe Lovano
Mostly Coltrane ECM
Steve Kuhn est un pianiste au style plus lyrique que mélodieux ; il a joué quelque temps avec John Coltrane dans les années 1960. Le portrait qu’il brosse aujourd’hui du ténor divin est adouci : il étire les cadences, fluidifie le tempo, sans pour autant émousser l’intensité des morceaux - et ça marche, sans que l’on sache trop comment, surtout quand les musiciens s’attaquent aux mélopées spirituelles (« Welcome ») et aux ballades romantiques (« Central Park West ») du maître.
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Nick Ayoub Quintet
The Montreal Scene
Pas une bébelle de Noël, pour paraphraser une comptine, mais presque un miracle ! Grâce à Charles-François Cyr, collectionneur émérite et fou de jazz, nous sommes en possession d’un joyau du jazz montréalais. Professeur, ami de tous, le saxophoniste Nick Ayoub réunissait en 1964, un quintette brillant formé de quelques musiciens : Michel Donato, contrebasse, Arts Roberts, piano, Émile « Cisco » Normand, batterie et Alan Penfold, trompette, tous rompus aux arcanes de la note bleue. Sous le thème de Montréal, Nick et compagnie développe des thèmes brillants, ciselés à point qui oscillent entre la bossa-nova et un hard-bop de la plus belle eau. Une musique actuelle, des musiciens émérites et le sentiment de retourner à une époque où Montréal était jazz ! Ce CD est dédié à Len Dobbin (1935-2009) - ami du jazz.
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Nozen - Live ! / France
au Upstairs
Tiens que voilà un disque réjouissant, sentant bon la poudre et les excès. Dans la mouvance, mais sans copier, nos quatre artilleurs rejoignent les territoires du saxophoniste John Zorn et probablement, en guise de clin d’œil, ceux du regretté Roland Kirk. On ne le mentionnera jamais assez, qu’un concert devant public et sans trop de montage vaut son pesant d’or, justement parce qu’il y a une atmosphère introuvable en studio. Jazz sous haute tension mené de main de maître par le saxophoniste argentin Damian Ninenson, coulées de lave incandescente comme il se doit, esprit free juste ce qu’il faut, bref, un très grand disque.
Damian Ninenson - saxophone
Pierre Tanguay - batterie
Bernard Falaise - guitare
Jean Felix Mailloux - contrebasse