MOBILE IN MOTION "Shadows of Danger"

électro-pop

mercredi 17 décembre 2008 par prog

Une barque de jazz sur un fleuve d’électro Il y a huit ans, le monde de l’électro jazz découvrait un duo de producteur suisses, Mobile In Motion. Découverte qui en aura marqué plus d’un, et non des moindres, puisqu’en 2002, Alain Bashung faisait appel à eux pour la production de six titres sur son album L’Imprudence. Loin d’être impressionnés par la lourde tâche de confirmer, les Mobile In Motion nous livrent ce Shadows of Danger, composé sur les rives du lac Léman. Un deuxième album à l’image de ce grand lac, parfois agité, souvent calme, aux profondeurs étonnantes et aux reflets vert bleuté.

Un design à la Sin City, une police d’écriture à la Grand Thief Auto, à première vue le Shadows of Danger de Mobile In Motion fait penser à un album des Black Eyed Peas. Mais il ne faut surtout pas s’arrêter à cet aspect général au risque d’être déçu. Publicité mensongère alors ? Absolument pas, car à y regarder de plus prêt, tout l’univers de Mobile In Motion se trouve sur l’art-work de leur deuxième album. Un peu d’années 50, une touche de groove, des images futuristes, presque cinématographiques, le tout baigné de rouge, couleur des fauteuils feutrés dans lesquels savourer ce Shadows of Danger.

Mobile In Motion c’est tout cela à la fois. Du jazz à profusion, à la trompette avec Erik Truffaz (excusez du peu), aux improvisations de batterie, à la contrebasse, aux nappes de violons. Un peu de hip-hop, notamment avec la participation de Nya, MC du Galaktic Sound Lab et co-fondateur de Silent Majority. Et beaucoup d’électro, presque bruitiste, limite expérimentale, comme une structure actuelle à cet assemblage de sons old-school. Il faut préciser, aussi, que derrière Mobile In Motion se cachent Fred Hachadourian, dit l’Arménios, dit le velu, dit voix d’ange, dont les chuchotements rappellent Perry Blake et les envolées évoquent Prince. Son acolyte s’appelle Christophe Calpini dit Thor La Snare, dit l’Engelure, dit Rocco, l’homme aux machines, membre lui aussi de Silent Majority et collaborateur de Truffaz. Deux helvètes qui, une fois réunis, font des étincelles aux couleurs de Wax Taylor, de Radiohead, d’Ennio Morricone, de Björk et de Chet Baker avec un raffinement et une production remarquables. Shadows of Danger, leur deuxième album, remise donc le lounge et la vague nu-jazz aux rayons des sucreries indigestes. Un plaisir pour l’estomac, les dents et surtout les oreilles.


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