La condition littéraire

vendredi 5 janvier 2007 par Radio-Grésivaudan

La condition littéraire

chez La Découverte de Bernard Laire résumé du livre : L’ouvrage expose les résultats d’une enquête concentrant les écrivains. Bernard Lahire y montre que les écrivains forment une population tout à fait singulière : à la différence des ouvriers, des ingénieurs, des médecins ou des patrons, qui passent tout leur temps de travail dans un univers professionnel unique et tirent l’essentiel de leur revenu de ce travail, la grande majorité des écrivains vivent une situation de double vie. Amenés à cumuler activité littéraire et second métier, ils alternent en permanence temps d’écriture et temps des activités professionnelles rémunératrices. Une telle situation de double vie n’est ni nouvelle, ni occasionnelle. Elle est pluridisciplinaire et structurelle. Et c’est à en comprendre les raisons et à en préciser les formes et les effets sur les écrivains et leurs oeuvres que cet ouvrage est consacré.

l’auteur : Bernard Lahire est né à Lyon en 1963. Actuellement Professeur de sociologie à l’École Normale Supérieure Lettres et Sciences Humaines (depuis 2000) et directeur du Groupe de Recherche sur la Socialisation. Il dirige la collection « Laboratoire des sciences sociales » aux Éditions La Découverte depuis 2002, est membre des comités de rédaction des Cahiers internationaux de sociologie et de la revue Éducation et Sociétés, ainsi que du Conseil éditorial international de la revue Educação & Sociedade (Campinas, Brésil). Bernard Lahire a publié à ce jour onze ouvrages : Culture écrite et inégalités scolaires. Sociologie de l’« échec scolaire » à l’école primaire (PUL, Lyon, 1993, réédité en 2000), La Raison des plus faibles. Rapport au travail, écritures domestiques et lectures en milieux populaires (PUL, Lille, 1993), Tableaux de familles. Heurs et malheurs scolaires en milieux populaires (Gallimard/Seuil, 1995, réédité en 2000, traduit au Brésil), Les Manières d’étudier (La Documentation française, 1997), L’Homme pluriel. Les ressorts de l’action (Nathan, 1998, traduit en Roumanie, au Brésil, au Portugal et en cours de traduction en Espagne), L’Invention de l’« illettrisme ». Rhétorique publique, éthique et stigmates (La Découverte, 1999), Le Travail sociologique de Pierre Bourdieu. Dettes et critiques (sous la dir., La Découverte, 1999, réédité en poche en 2001, en cours de traduction en espagnol pour l’Amérique latine), Portraits sociologiques. Dispositions et variations individuelles (Nathan, 2002, traduit au Brésil), À quoi sert la sociologie ? (sous la dir., La Découverte, 2002, réédité en poche en 2004),

coup de coeur : * La revue de presse Jean-Baptiste Marongiu - Libération du 31 août 2006 Si l’on peut faire de la condition humaine un avatar de la littérature et, partant, une forme de sublimation artistique d’une vie, on renâcle en revanche, au moins depuis le Contre Saint-Beuve de Proust et, plus près de nous, le structuralisme, à reconnaître et étudier les liens biographiques qui unissent l’auteur à son écriture. C’est à explorer la nature de ce rapport, à le réincarner d’une certaine manière, que s’emploie Bernard Lahire dans la Condition littéraire. Ne serait-ce que pour la sûreté avec laquelle il réinvestit un thème si ancien, la fraîcheur de son actualisation, l’inventivité des instruments qu’il déploie, on aurait envie de ranger d’emblée cet ouvrage parmi les classiques. Evidemment, on ne trouvera pas ici une théorie de l’écriture, ni de l’écrivain,mais l’exposé d’une « sociologie des conditions pratiques de l’exercice de la littérature ». Pour être novatrice, celle-ci ne rechigne pas à exhiber ses repères, à la fois pour marquer une forme de fidélité et passer outre, penser à la fois « contre et avec » les maîtres dont les oeuvres ne cessent de la travailler. Sur le plan théorique, la Condition littéraire prend corps dans un incessant tissage critique de la théorie des « champs » de Bourdieu et de celui de « mondes sociaux » du sociologue américain Howard S. Becker. Auteur de la Culture des individus (voir Libération du 26 février 2004), Bernard Lahire est professeur à l’Ecole normale supérieure de Lyon.


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