Kula Shaker " Pilgrims progress"

Psyché-Rock

lundi 14 juin 2010 par prog

Kula Shaker, c’est le groupe qui remit au goût du jour le psyché-rock au milieu de l’ère Britpop. Après une séparation en 1999 suite à un deuxième album moyennement réussi, le clavier Jay Darlington avait rejoint Oasis en 2001, le bassiste Alonso Bevan avait tourné quelques temps avec Johnny Marr et le batteur Paul Winter-Hart avait rejoint Thirteen:13, formation obscure de la fin des 90s. Quant à Crispian Mills, il avait vivoté au sein de son nouveau groupe The Jeevas. Depuis reformés, mais sans Darlington, les quatre de Kula avaient sorti Strangefolk en 2007 qui, il faut bien le dire, avait provoqué des réactions pour le moins épidermiques chez nombre de fans.

C’est donc avec Pilgrims Progress que l’on retrouve le groupe qui a enfin appris à utiliser avec subtilité ce qui fait sa force... mais qui, il y a encore trois ans, faisait aussi sa faiblesse : les chorus de sitar, les chants indiens et tout le décorum musical 60s. Ce nouvel album est truffé de très bonnes surprises à commencer par le single Peter Pan RIP. Non, aucun lien avec feu Michael Jackson, le titre aux arrangements léchés, aux violoncelles qui s’entrelacent à la guitare folk est un hommage à Anno Birkin, jeune songwriter décédé en 2001. Accompagné d’un clip très British, Peter Pan est digne de son héritage Byrdsien. Pop-song préraphaélite, Ophelia est, quant à elle, un véritable appel à l’onirisme. Sur Modern Blues, on retrouve les sonorités qui ont rendu le groupe si célèbre, quelque part entre le Grateful Dead et Ravi Shankar. Efficace et Maîtrisé. Pour rester dans l’esprit Krishna, Only Love renouvelle le concept du mantra avec un « only love will take you there » répété ad-libitum. Puis All Dressed Up, au carrefour entre folk sombre et country sous-acide, enchaîne avec Cavalry, une valse folk mise en valeur par la voix inégalable de Mills.« only love will take you there » Single potentiel, Ruby est la chanson parfaite pour un après-midi pluvieux d’août. Si l’on passera sur les quatre derniers titres, dont un instrumental When A Brave Needs A Maid et Winter’s Call, étrange fourre-tout à mi-chemin entre symphonie moderniste et berceuse pop, Figure It Out, en lorgnant sur l’électro-rock, prouve que le groupe a encore de quoi surprendre.

Avec Pilgrims Progress, les pèlerins de la bande à Mills nous offrent un album sobre et mélodique, dans la plus pure tradition anglaise. Une belle réussite. Vintage ? Peut-être. Intemporelle ? Totalement.