Ibrahim Maalouf "Diaspora"

Musique du monde / Electro-Jazz

dimanche 8 février 2009 par Les ateliers pédagogiques : François

Longtemps il a rêvé de devenir architecte afin de reconstruire ce Liban qu’il a quitté à peine né, pour grandir en France où, vingt-sept ans plus tard, il vit toujours. Finalement, c’est à travers son souffle, à la trompette, qu’Ibrahim Maalouf redessine le pays de ses ancêtres. Un pays imaginaire, bien sûr, où l’Orient est repensé, remodelé, à l’aune des musiques entendues en exil (le classique, le funk), y compris celles des autres diasporas (le Maghreb). Le jazz en est le noyau central, en longues méditations solo à la trompette (avec une reprise de Night in Tunisia, de Dizzy Gillespie).

L’électro est là, aussi, en fines touches qui jouent la syncope rêveusement dansante. S’y insinuent parfois des échos de boîte à musique. Le tout est irradié par une lascivité très méditerranéenne à l’occasion accentuée par des improvisations au oud ou à la cithare kanoun.

Ibrahim est le neveu de l’écrivain franco-libanais Amin Maalouf. Son père, qui fut son premier maître, est l’inventeur d’une trompette assez spéciale, adaptée au quart de ton si essentiel aux musiques arabes. Parmi les nombreux amis d’Ibrahim Maalouf figure le chanteur Vincent Delerm, qui signe les très belles photos du livret. Et aussi le violoncelliste Vincent Segal, qui joue sur un titre.

Un autre complice fervent est absent de ce disque, mais il était venu l’épauler lors de son premier concert, en février dernier, au New Morning, à Paris : le guitariste Mathieu Chedid, dont la pulsation sauvage, féline, avait alors donné une fougue radicale à ses introspections lumineuses, veloutées, lunaires. Ibrahim Maalouf, un nom à ne pas perdre de vue.

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