Black Joe Lewis & the Honeybears " Tell’em what your name is"

Jazz Soul

jeudi 8 octobre 2009 par prog

Rétro mais pas trop, un Texan braillard et paillard pousse mémé dans les orties.

On demande souvent aux chanteurs de ne pas trop tirer sur leurs cordes (vocales). Dans le cas de Black Joe Lewis, mieux vaut ne pas y penser. Entre Wilson Pickett et Bobby Byrd, le leader des Honeybears ne sait pas jouer à l’économie. Puncheur, adepte du corps à corps musical, ce jeune Américain natif de Round Rock (Texas) s’est fait connaître avec un single au titre explicite : Bitch, I Love You. Dans une veine assez rentrededans, son premier album avec The Honeybears s’inscrit dans le trip sixties actuel, versant rhythm’n’blues nerveux façon Sam & Dave, ou rock’n’roll surexcité à la Little Richard. Tout cela pourrait sonner réchauffé sans la personnalité du chanteur.

De son propre aveu, Black Joe Lewis a débuté piteusement : dévoré par le trac, ce soulman ne parvenait à affronter la scène que soûl, voire archi-soûl ! Après pas mal de galères, au bord du renoncement, le shouter a décidé, au lieu de mettre de l’eau dans son bourbon, de lâcher carrément les chevaux. Entre provocations misogynes et lyrics gentiment salaces, bien dans la tradition des juke joints sudistes, son Big Booty Woman cohabite avec l’obsédant Master Sold My Baby (sur l’esclavage).

Ancien prêteur sur gages – il a appris à jouer de la guitare en s’entraînant “sur les six-cordes laissées en dépôt par des types fauchés” –, Black Joe Lewis veut saisir sa chance. Derrière son flot rageur, une pointe de blues (il vénère Lightnin’ Hopkins) et une détermination brutale confèrent à ce performeur électrique plus d’épaisseur qu’il n’y paraît.


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