BIBIO "Ambivalence avenue"

funk -electro- hip-hop (experimental)

jeudi 2 juillet 2009 par prog

Stephen Wilkinson est un Anglais établi dans les alentours de Wolverhampton. Il a étudié à l’université des Arts soniques de Londres. Son pseudonyme artistique, Bibio, a été baptisé ainsi en l’honneur de son père, fervent pratiquant de la pêche à la mouche dans les eaux du Pays de Galles. Autodidacte reconnu, il a entamé une trilogie discographique sur le label Mush en 2005. Bibio a pour démarche de jumeler son goût immodéré pour les guitares folk avec des expérimentations électroniques. Après trois albums sur Mush et un remix de Clark remarqué, il est donc débauché par Warp pour publier Ambivalence Avenue.

Vignetting the Compost, paru également cette année, avait déjà semé les bases d’une nouvelle ambition artistique chez Bibio. Sa musique se veut désormais inétiquetable et sans garde-fou. Beaucoup plus abouti que son prédecesseur, Ambivalence Avenue est un album patchwork doté d’une subtilité admirable. Naviguant entre folktronica hippie, pop lo-fi et expérimentations électroniques, sa musique se montre kaléidoscopique. Nul doute que les parties de pêche avec son paternel ont conditionné son goût pour les sonorités de pleine nature. Captures organiques, sons issus de vieilles cassettes poussiéreuses, delay... en plus d’être un musicien de grand talent, Bibio sait aussi profiter de la technologie pour retravailler la couleur et la texture de sa musique. L’Anglais a mis des fleurs dans ses cheveux, ses guitares et les chants résonnant comme un hymne à la pop psyché des glorieuses 60’s, en attestent Haikuesque et le un peu naïf Lover’s Carving. On excuserait presque les harmonies vocales de All Flowers, sévèrement marquées Bee Gees. Rarement un artiste avait su aussi bien marier les influences vintage avec la technologie moderne. Il se permet deux incursions totalement réussies et inattendues : le funky et chaloupé Jealous of Roses et le très hip-hop oldschool Fire Ant. Bibio rappelle qu’il est un fan de la première heure de Boards of Canada ou Aphex Twin en réalisant deux excellents morceaux exclusivement électroniques et expérimentaux, Sugarette et Dwrcan. Joli et entraînant de bout en bout, Ambivalence Avenue est une réussite et s’annonce comme un des albums les plus rafraîchissants de l’année.

Ceux qui avaient douté de l’ouverture entamée par Warp avec la signature d’artistes tels que Grizzly Bear, Jamie Lidell ou Gravenhurst n’ont plus qu’à faire profil bas. Bibio confirme avec cet album que les ambitions du label sont avant tout artistiques.


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